LIFE AS A RUN

C’est la peur aux trousses que je lance mon copain des bois dans les gravillons non calibrés de l’arrière pays de Castelnaudary, après avoir poireauté sous la flotte et attendu le café promis par l’adjoint au maire. La journée commence comme une sale histoire suédoise où un psychopathe qui est en fait inspecteur de police alcoolique filloche une jeune mère de famille dans les rues sombres, glacées et humides d’une ville endormie. Nos guidons nous conduisent progressivement vers des routes qui deviennent des chemins, pour finir en rien… Derrière cela et malgré la boue qui a commencée à maculer nos 2 roues motrices, il nous semble que cette nature d’un abord peu accueillante va nous soumettre à la question « qu’est ce que je fous là » et hop au détour d’un virage une grosse mare de flotte impossible a anticiper nous rappelle qu’il ne faut pas dormir mais surtout qu’on a bien fait de ne pas prendre notre pantalon préféré. La colère ne vient pas d’un coup, elle s’insinue, s’immisce, se glisse dans notre tête comme une fatalité « là on y est et on va s’en sortir…et entier ».

« Je suis toute mouillée » lance soudain Valérie me sortant subitement de mon mode psychopathique d’écoute du moindre bruit de défaillance mécanique. Mais non ce sont les mouvements brusques des trains roulants qui claquent, ce sont les grincement des pivots que j’ai oublié de graissé, l’amortisseur qui a pris du jeu, le moteur qui chante « tinquiète pas je suis là ». Ça va sécher Valérie on est dans le Sud.

Puis la colère se transforme en une haletante respiration overdosée d’oxygène mixée de gaz d’échappement. Les muscles sont maintenant chauds et l’équilibre instable de la position de conduite un peu mieux maitrisée, on va pouvoir entreprendre de chercher les limites. Mon copain file devant sans se poser de questions, du moins de mon point de vue de suiveur mais l’adrénaline aidant je raccroche toujours l’empéchant de me distancer. Le rout’book nous mène dans la forêt de la montagne noire puis le paysage change laissant les couleurs rougoyantes de l’automne a leur fatal sort, au profit de plateaux herbeux minés de rocs pas décidés à rouler. La journée s’étire en « oups merde pas à droite », « Ohlala là c’est passé limite », « O pinaise », le zigzag entre les flaques, les cailloux, les branches, les montées, les descentes nous amènent à … la panne d’essence. Ben oui tu vois quand j’appuie je fais pas semblant et copain des bois est du genre à laisser le verre vide!  Passage miraculeux dans une station minimaliste au milieu de rien pour refaire le niveau et je reprend la tête comme un grand garçon.

Nous rentrons dans un bois trés trés mal entretenu et la gadoue du chemin nous fait jouer les équilibristes, quand soudain la radio crépite un « Là Francky tu m’fais plaisir ». Y a pas explication de texte, vu qu’à ce moment mes yeux sont rivés sur la piste noirs qui nous amène je ne sais où, concentré en super apnée tous les muscles tendus, mais j’ai entendu le compliment. Ça donne d’autant plus envie de continuer à cramer du gas pour trouver la limite. Quand nous sortons du bois nous sommes tous livide mais heureux d’avoir jouer à glisser sur ce fil sournois.

Derrière une vielle cahute de paysan entre pluie et soleil, à l’abris du vent fripon nous plions les provisions encore intègres et repartons vers des terres inconnues.

Ce sera comme ça pendant 200 km, un défi annoncé le matin par l’organisateur nous fait « même pas mal ». Nous arrivons en fin d’aprem’ à la lumière du soleil qui se couche sur le  lieu de bivouac. On a l’impression d’être les preum’s mais on s’en fout, on est rincé, cassé et « rire bête ». Un rapide passage à l’hotel (Oui maintenant c’est comme ça, lit douillé et petit dèj copieux quand c’est possible) sous les éoliennes et on est reparti pour une petite nocturne en bande avec du mickey de compet’ et du baroudeur expert. Les copains à roulettes se jouent de l’obscurité grace à de bien belles barres à leds de chez alibaba! Le terrain de jeu est hallucinant mais on a juste senti qu’il était trés mal goudronné. Aprés avoir joué aux osselets on se retrouve devant un pauv’ mouton grillé qui a fini de souffrir et quelques gorgées de ricard-coca. Coca pour moi !

Demain on repart reposé pour un stage de roller coaster debout sur les freins ou à fond de première pour sortir du parc de Lastour(c’est comme ça que s’appelle le chateau). Après nous sommes lachés dans la nature pour rejoindre Limoux en passant par Cucugnan, où le curé a tenté de nous confesser, nous nous arretons 5mn pour aider un collegue qui s’est planté dans un trou avec son combi. L’envie d’arriver et de continuer a se jouer des pièges de dame nature est un bon moteur. Mais quand même la question récurrente de cette fin de ballade qui se pose est « je serais pas mieux vautré dans mon canapé en sirotant un bon chocolat chaud et en grignottant des merveilles ? ». Oui en effet mais s’il n’y a pas d’aventure il n’y a rien a dire et le petit effort supplémentaire à fournir pour aller au bout du challenge n’a rien d’insurmontable, c’est juste la tête qui decide et un peu l’estomac aussi pour moi. Nous voila à Limoux maintenant c’est de la route jusqu’au plateau qui nous attend pour rentrer à la maison.

Voila top arrivée, 200 km de plus, 400 en tout et pas rien, du bon, du brut, du consistant, une ambiance bon enfant, un vent à décorner les cocus, des bons gars avec un accent qui chante, … quoi dire de plus, hein ? Copain des bois a gagné son ticket pour Moroco 2018, il a fait la joie de monsieur – madame, il a un moteur et une boite de ouf ! bien sur quelques défauts mais entier du début à la fin alors what esle ?

–Donny élu Super Donny par Donny lui même–

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s